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Fonds souverains chinois: Une déclinaison de l’art de la guerre ?
« 5 principes essentiels : la doctrine, le temps, l’espace, le commandement, la discipline »
« La doctrine fait naître l’unité de penser ; elle nous inspire une même manière de vivre et de mourir, et nous rend intrépides et inébranlables dans les malheurs et dans la mort. »
Le fonds souverain chinois bouge comme un seul, et montre une unité, tout du moins vue de l’extérieur, inébranlable.
« Si nous connaissons bien le temps, nous n’ignorerons point ces deux grands principes Yin et Yang par lesquels toutes les choses naturelles sont formées et par lesquels les éléments reçoivent leurs différentes modifications. »
Le fonds souverain chinois est une réponse temporelle aux besoins actuels de la macro économie chinoise. Le yin : sa montée en puissance, le yang : l’investissement de ses richesses.
« Si vos ennemis sont plus puissants et plus forts que vous, vous ne les attaquerez point, vous éviterez avec un grand soin ce qui peut conduire à un engagement général ; vous cacherez toujours avec une extrême attention l’état ou vous vous trouverez. »
La Chine est passée, en moins de 8 ans, de « pays recevant l’aide aux pays les plus pauvres » à « pays émergent riche » versant des fonds pour cette aide.
« L’espace n’est pas moins digne de notre attention que le temps ; étudions-le bien, et nous aurons la connaissance du haut et du bas, du loin comme du près, du large et de l’étroit, de ce qui demeure et de ce qui ne fait que passer. »
Le fonds souverain chinois joue un rôle dans l’espace économique chinois mais surtout mondial, et semble devoir durer.
« J’entends par commandement, l’équité, l’amour pour ceux en particulier qui nous sont soumis et pour tous les hommes en général ; la science des ressources, le courage et la valeur, la rigueur, telles sont les qualités qui doivent caractériser celui qui est revêtu de la dignité de général ; vertus nécessaires pour l’acquisition desquelles nous ne devons rien négliger : seules, elles peuvent nous mettre en état de marcher dignement à la tête des autres. »
Il est clair que la Chine et les Etats-Unis se sont engagés dans une guerre, qui, à défaut d’avoir démarré officiellement sur le terrain, se déroule pour l’instant dans la sphère économique. Sur ce plan, on peut considérer que les dirigeants du fonds souverain chinois CIC ont bien retenu les leçons de Sun Tzu : attendre le moment propice, quand la faiblesse de l’adversaire est telle, que toutes les barrières sont tombées d’elles-mêmes et que la ville est ouverte et la population en liesse. En sauvant Blackstone de la crise des sub-primes, le CIC a été accueilli tel un sauveur. On a même facilité cette opportunité, alors que, peu de temps auparavant, la même chose aurait provoqué une levée de boucliers. De plus, une telle victoire démontre aux autres pays du monde que le modèle américain n’est plus le seul modèle de réussite économique. Ainsi, les pays entourant la Chine pourraient être encore plus attirés par la protection qu’offre le fait de se ranger sous sa bannière.
« Plongez l’adversaire dans d’inextricables épreuves et prolongez son épuisement en vous tenant à distance ; veillez à fortifier vos alliances au-dehors, et à affermir vos positions au-dedans par une politique de soldats-paysans. Quel regret que de tout risquer en un seul combat, en négligeant la stratégie victorieuse, et de faire dépendre le sort de vos armes d’une unique bataille ! »
Le fonds souverain joue une stratégie de long terme, prenant pour l’instant des participations ne dépassant pas 10%, et refusant de siéger au Conseil d’administration.
« Considérez qu’avec de nombreux calculs on peut remporter la victoire, redoutez leur insuffisance. Combien celui qui n’en fait point a peu de chances de gagner ! C’est grâce à cette méthode que j’examine la situation, et l’issue apparaitra clairement. »
Pour cela, le fonds souverain chinois semble être passé expert, notamment en se dotant des ténors chinois de la finance et en recrutant des managers financiers de très haut niveau à l’international.
« Si l’armée ennemie a une mesure de grain dans son camp, ayez-en vingt dans le vôtre. »
Sur ce point, c’est particulièrement vrai, aucun pays aujourd’hui ne peut se prévaloir d’avoir autant de réserves de change que la Chine avec ses 1344 milliards de dollars.
« Si vous faites exactement ce que je viens de vous indiquer, les succès accompagneront tous vos pas, partout vous serez vainqueur, vous engagerez la vie de vos soldats, vous affermirez votre pays dans ses anciennes possessions, vous lui en procurerez de nouvelles, vous augmenterez la splendeur et la gloire de l´Etat, et le prince ainsi que les sujets vous seront redevables de la douce tranquillité dans laquelle ils couleront désormais leurs jours. »
Citations : Sun Tzu « L’Art de la Guerre »
Grégory Croué
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Les fonds souverains ? Cela peut être bon pour vous.
Les fonds d’investissements du Koweït, de Singapour, de la Russie et de la Chine ont peut être sauvé du krach notre système financier. Suite à la crise des « sub-primes » et des crédits immobiliers, les géants de Wall Street se sont vus obligés de faire appel aux nations riches en réserves de fonds issus de leurs excédents commerciaux.
Les actionnaires occidentaux sont inquiets du fait de leur méconnaissance sur les fonds souverains et des risques éventuels qu’impliquent leurs prises de participations pour la sécurité de leurs portefeuilles.
D’autres réévaluations à la baisse des profits des banques sont à prévoir. Certains institutionnels envisagent des mesures de subventions. Le ministre allemand des finances a annoncé son évaluation des pertes sur les titres liés aux emprunts immobiliers à hauteur de 400 milliards de dollars, bien au-delà des 100 à 150 milliards de dollars estimés l’année dernière par la Réserve Fédérale des Etats Unis.
Ce qui inquiète dans les différentes prises de participations faites par les fonds souverains étrangers c’est surtout le manque de transparence et les éventuelles ambitions politiques de ceux qui les contrôlent. Pourquoi, car dans le cadre d’une crise future, l’éventualité d’un passage d’une politique de retour sur investissement à une politique suivant les intérêts d’un gouvernement est à envisager.
Les fonds souverains sont des actionnaires de long terme qui ne cherchent pas aujourd’hui à diriger les entreprises mais à aider celles en difficultés. Donc les craintes précédemment évoquées, au vue de la nature de ces fonds sont des peurs légitimes mais peut être surfaites. En effet, c’est peut être la meilleure chose qui soit jamais arrivée, pour une raison simple : cela s’est déjà passé. Citigroup, par exemple, a déjà été sauvé par le Prince Saoudien Al Waleed dans les années 90. Celui ci il a injecté 600 millions de dollars à l’époque, qui sont évalués à 12 milliards de dollars aujourd’hui.
D’autre part, Morgan Stanley prévoit que la masse financière représentée par les fonds souverains atteindra 17 500 milliards de dollars d’ici 10 ans. Il est à noter que les fonds souverains sont, à ce jour, réellement des investisseurs de long terme, pour exemple le fonds koweitien pour Daimler Benz (depuis 1969) ou pour BP (depuis 1986). Ainsi il est plus important pour ce dernier de faire de bons investissements que de les utiliser à des fins de la politique.
Bien sûr, cela se passe parfois plus mal, comme avec le retrait en 2006 du fonds Norvégien de ses positions dans la banque Icelandic. Pour ce qui est des ambitions politiques éventuelles, les fonds souverains ont pris des positions minoritaires dans les banques américaines, sans possibilités aujourd’hui de contrôle, à l’image du fonds chinois CIC qui se refuse à siéger au conseil d’administration de Blackstone.
Dans le cadre de règles mondiales de gouvernance applicables aux fonds souverains, le FMI travaille à l’établissement de codes de conduite pour les régir. A terme, les entreprises américaines ont intérêt à accepter ces investissements. D’abord cela aidera les marchés émergents à se diriger vers de bonnes pratiques et des normes légales globales. Cela peut aussi aider les entreprises à pénétrer les marchés émergents comme pour Blackstone en 2007 qui a réussit à prendre 20% d’une compagnie de chimie chinoise nationalisée, après la prise de participation de 10% du CIC dans Blackstone. Les fonds souverains auraient donc un effet de stabilisation sur les marchés financiers et de modernisation dans les méthodes d’investissements.
WALL STREET SOLDES :
On ne peut certainement pas dire que les fonds souverains ont fait de mauvaises affaires en achetant les actions des plus grosses banques de Wall Street, car ils veulent faire de l’argent. La crise des crédits immobiliers a fait chuter le cours des actions en les rendant sensiblement bon marché.

SOUTIEN FINANCIER DES SUB-PRIMES
L’année dernière les fonds souverains ont investit 59,4 milliards de dollars dans les banques ayant d’importantes activités aux Etats-Unis et qui ont été reliées au scandale des sub-primes. Singapour, Koweït, les Emirats Arabes Unis et la Chine ont fait les plus gros investissements.


COMMENT PROFITER DES FONDS SOUVERAINS
Les fonds souverains ont eu l’habitude d’investir presque exclusivement dans les obligations. Cependant, maintenant, ils se diversifient vers d’autres marchés de capitaux comme celui des actions. Et cela pourrait assainir les risques du marché. Nos pays occidentaux sont gourmands en consommation de matières premières et ainsi en les achetant, alimentent les réserves de changes de ce pays transférées ensuite dans les différents fonds souverains des pays producteurs de ces ressources. La diversification des investissements de ses réserves financière est la clé : c’est surtout vrai pour les pays émergents excédentaires en capacité industrielle ou pour les pays exportateurs de matières premières.
Les fonds souverains diversifient leurs capitaux en prenant plus de risques qu’auparavant, sont en multipliant les supports d’investissements et sont à la recherche effective de profits. Vu la masse des capitaux circulant et disponible, on ne peut exclure des manipulations volontaire ou involontaire du marché. D’autre part, ils déplacent collectivement des milliers de milliards et se débrouillent pour obtenir un rendement important sur les titres de placements et les dettes, afin d’augmenter la demande pour ces capitaux et donc le prix.
La majorité des capitaux investis aux Etats et Unis et Europe se trouve actuellement être en obligations du Trésor. Si demain un transfert de ces mêmes capitaux des ces investissements à risques (immobiliers, marché des titres…) ce ne sera pas sans impact sur le refinancement des états emprunteurs. Il est quasi certain que les fonds souverains sont et seront les plus importants investisseurs des cinq prochaines années.
Article traduit de l’anglais et réécrit par Grégory Croué
Source: Registered Rep 1er Mars 2008
Titre: SOVEREIGN WEALTH: IT COULD BE GOOD FOR YOU
Auteur: Christopher C. L. Anderson
http://registeredrep.com
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Les fonds souverains chinois et l’art de la Guerre : Une stratégie chinoise.
L’Ecole de Guerre Économique titre sont analyse des Fonds souverains : "Les fonds souverains : La conquête de la politique par la finance."
Or un des premiers principes de l’art de la guerre chez Sun Zi n’est-t-il pas de pouvoir gagner sans combat?
L’Art de la guerre de Sun Zi est à l’origine un ouvrage militaire, mais dont les principes sont aujourd’hui couramment utilisés dans le monde de l’entreprise et dans la construction de stratégies de développement économique par les entreprises chinoises, en particulier à l’international. La question de savoir si la stratégie chinoise dans son recours aux fonds souverains est une approche de l’art de la guerre paraît relativement pertinente si l’on en croit les médias occidentaux.
En effet, cette question rejoint une polémique fondamentale qui secoue les médias sur la question des Fonds souverains : Leurs objectifs sont-ils politiques ou purement commercial? En d’autres termes si ces fonds sont un moyen déguisé de prendre le contrôle de secteurs stratégiques, n’est ce pas une manoeuvre mûrement réfléchie, dans le plus pur goût des maximes de Sun Zi?
Car pour Sun Zi, le stratège idéal gagne sans combattre. La guerre c’est donc surtout un art de l’affrontement indirect, basé sur la tactique et l’intelligence plus que sur les forces en présence. C’est la recherche de la meilleure adaptation, par l’étude approfondie du terrain, la ruse mais aussi grâce à une utilisation optimale de l’information.
Les concepts de base de l’analyse stratégique de Sun Zi sont très adaptés à la vie économique actuelle et à la compétition qui règne pour la maîtrise des secteurs économiques dominants. Le but est de devenir un acteur qui compte à l’international : Un véritable challenge pour les prochaines années.
Voici un exemple qui illustre à merveille la stratégie chinoise face à l’étranger, en particulier pour les fonds souverains…
孙子曰:兵之情主速,乘人之不及,由不虞之道,攻其所不戒也。
"La rapidité est l’essence même de la guerre. Profitez du manque de préparation de l’ennemi. Empruntez des itinéraires imprévus et frappez les places sans défense."1
1) Wang Ziyi. "L’art de la guerre de Sunzi" et la stratégie de management de l’entreprise. Audiancia Nantes. SinoFrance. 2004.
Agnès Berton
berton.agnes@objectif-chine.com
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